Ancien étudiant de VFX-Workshop, Thomas Goubard fait aujourd’hui carrière dans la 3D et les effets spéciaux.
Il a récemment participé à une publicité Intermarché en animation 3D mettant en scène un loup dans un conte de Noël — un projet ambitieux, largement salué pour sa direction artistique et son émotion.
Il revient avec nous sur son parcours, son arrivée au studio Illogic, et les coulisses de cette production hors norme.
Attiré depuis longtemps par le graphisme, Thomas débute son parcours par un DUT Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI).
Mais c’est la découverte du trailer du premier The Crew, réalisé par Unit Image, qui provoque un véritable déclic.
« J’ai eu un coup de foudre pour le monde de la 3D. À tel point que j’ai arrêté mon DUT
Ci-dessus- le projet de fin d’étude de Thomas Goubard
À l’issue de sa formation, Thomas sort avec un profil généraliste, ce qui lui permet de multiplier les expériences et de tester différents environnements de production.
Il enchaîne alors les projets au sein de studios reconnus comme BUF, MPC, The Mill ou encore Machine Molle.« À chaque production, je changeais de studio. Ça m’a permis de gagner rapidement en expérience et de construire une vraie stabilité professionnelle. »
pour rejoindre VFX-Workshop. »
De Paris à Montpellier : un nouveau cadre de vie
Après trois années passées à travailler à Paris, l’envie de changement se fait sentir : plus d’espace, un autre rythme de vie, un nouvel environnement.
Thomas envoie alors plusieurs candidatures à des studios du sud de la France et commence à collaborer avec Illogic… à distance.
En janvier 2025, il franchit le pas et s’installe à Montpellier pour rejoindre l’équipe sur place.« J’ai très vite senti que c’était un excellent environnement de travail. Et je dois avouer que pouvoir faire du beach-volley après le boulot a définitivement validé mon choix ! »
La publicité Intermarché : un projet d’envergure
Thomas intervient à deux postes clés : Set Modeling / Set Dressing et Lighting.
Il intègre d’abord l’équipe environnements, chargée de construire les scènes dans lesquelles se déroule l’histoire :
la cabane du loup, la forêt, le banquet…
Le travail consiste à :
récupérer des assets (objets déjà modélisés et texturés),
les assembler et les placer dans la scène,
respecter les intentions artistiques définies par les concepts.
Thomas passe ensuite au lighting, une étape essentielle pour :
guider le regard du spectateur,
mettre en valeur les personnages,
créer l’ambiance émotionnelle de chaque plan.
« Le lighting, c’est vraiment là que l’image prend vie. »
Contrairement à beaucoup de projets publicitaires très courts, cette production bénéficie d’un temps exceptionnel : environ 7 mois, pour une publicité de deux minutes.
Cette durée permet :
une vraie phase de R&D pour définir le style visuel,
de nombreux échanges entre départements,
un suivi quotidien via des dailies.
Le travail s’appuie sur le layout, une version simplifiée des scènes (caméras, volumes, animations temporaires) servant de base à tous les départements.
En lighting, chaque modification — animation, décor, caméra — implique de relancer des rendus et de produire des passes (différentes couches d’image : lumières, reflets, atmosphère, personnages…), ensuite assemblées par l’équipe Compositing, dernière étape de la chaîne.
Ce projet est aussi l’occasion pour Thomas d’explorer un terrain nouveau : le stylisé 2D/3D, un style très en vogue, popularisé notamment par Spider-Man: Across the Spider-Verse, Arcane ou Ninja Turtles.
« Je n’avais jamais eu l’occasion de travailler ce style auparavant. La phase de R&D m’a permis d’expérimenter énormément. »
Il développe notamment :
des techniques de neige stylisée,
des shaders stylisés,
et renforce ses compétences sur Houdini, appris seulement quelques mois plus tôt au studio.
Pour Thomas, cette production illustre aussi l’importance des étapes amont : concepts solides, storyboard clair, vision artistique partagée.
« Quand ces bases sont bien posées, tout le projet avance dans la bonne direction. »
Un conseil aux futurs professionnels
Le message que Thomas souhaite transmettre aux étudiants est clair :
« Avoir un portfolio ou une démo reel adaptée au type de projets visés change tout. »
Les studios recrutent avant tout des profils cohérents avec leurs productions :
un studio stylisé cherchera des artistes ayant déjà exploré ce style,
un studio comme ILM regardera attentivement des projets sci-fi si l’objectif est Star Wars.
Même logique pour les logiciels : connaître les outils utilisés sur les productions ciblées est un vrai plus aux yeux des recruteurs.
Un parcours qui donne envie de se lancer
Le parcours de Thomas Goubard montre que les métiers de la 3D et des effets spéciaux se construisent par étapes, à travers des choix assumés, du travail et une réelle envie de progresser. Rien n’est immédiat, mais chaque projet, chaque expérience et chaque remise en question contribue à tracer un chemin solide.
Les projets ambitieux ne sont pas hors de portée : ils deviennent accessibles lorsqu’on se forme sérieusement, qu’on développe un portfolio cohérent et qu’on s’investit pleinement dans sa progression. Pour les futurs étudiants, c’est une invitation à oser se lancer, à croire en leur parcours et à comprendre que la passion, lorsqu’elle est structurée et accompagnée, peut devenir un véritable métier.
Dès le début de sa formation, Thomas Goubard a montré de grandes qualités dans son travail. Il a été un des premiers étudiants de l’école à être distingué par The Rookies gagnant un Weekly Drill, un challenge de création 3D. À travers l’étude de cas développée durant sa dernière année, il a fait la démonstration de sa capacité à réaliser un projet publicitaire global. Prévisualisation, modélisation, rendu, matte painting, compositing, il a mis en oeuvre une chaine de production globale et a su très bien communiquer sur toutes les étapes qu’il a mises en oeuvre.
Il intervient aujourd’hui dans de nombreux studios comme BUF, Fix Studio, MPC, The Mill, Machine Molle ou encore Illogic Studio.